CHANGEMENTS CLIMATIQUES:Les populations de Yaoundé sous les eaux

Actuellement, la ville de Yaoundé  vit la grande saison pluvieuse. Pourtant, entre le froid et la chaleur, les habitants ne parviennent plus à distinguer quelle saison il fait vraiment. Les pluies torrentielles qui causent des inondations freinent surtout leurs activités économiques, une situation qui ne les enchante pas.

Le changement climatique ou encore le réchauffement planétaire est un phénomène naturel, caractérisé par l’augmentation des températures moyennes qui proviennent de l’atmosphère et des océans, induit par la quantité importante de chaleur qui se retrouve emmagasinée à la surface de la terre. Ce phénomène qui s’étend à l’échelle de la planète, préoccupe fortement la population mondiale ; celle de l’Afrique, et surtout celle de ses pays, parmi lesquels le Cameroun.

S’agissant du Cameroun, il connaît les climats tropicaux au nord et équatoriaux au sud. En effet, le pays possède quatre saisons bien distinctes, saisons sur lesquelles se basent surtout les populations rurales pour effectuer  leurs activités agricoles. Elles sont : la grande saison pluvieuse allant de mi-août à mi-novembre ; la grande saison sèche de mi-novembre à mi-mars ; la petite saison pluvieuse de mi-mars à mi-juin, et une petite saison sèche de mi-juin à mi-août.

Ce pendant, le Cameroun, rencontre un peu plus d’une  quinzaine d’années déjà, des problèmes d’instabilité climatique. Entre les températures chaudes et froides  qui se font ressentir simultanément, dans les villes comme Douala, Edéa et Yaoundé,  les populations semblent de plus en  plus confuses face à ce phénomène. En ce moment, Yaoundé, la capitale par exemple, est entrain de vivre sa grande saison pluvieuse. Cette saison entraine des vents violents et des fortes pluies, avec des températures qui varient entre 21° et 27°C. Cette navigation entre le froid et le chaud durant toute cette période dite de « grande saison des  pluies » ne laisse pas les populations riveraines indifférentes, pour elles,  la situation semble préoccupante, s’expriment respectivement  Samadan NGALVAN et Francis : « je réside à Yaoundé depuis 1994 et à cette époque là,  quant il pleuvait,  il ne faisait pas chaud, mais aujourd’hui c’est tout le contraire car lorsqu’il pleut, peu de temps après il fait très chaud » ; « Aujourd’hui, toutes les saisons sont confondues, on n’arrive plus à faire la différence entre la saison des pluies et la saison sèche, je pense que cela est dû au réchauffement climatique ».

C’est ainsi que se présente donc le climat de la capital politique camerounaise, avec des pluies caractérisées par de fortes précipitations, créant des  inondations qui paralysent les activités économiques de ces populations. Emmanuel, commerçant à la poste centrale de  Yaoundé dénonce cette situation déplorable : « Nous vivons ces inondations très mal, parce que quand il pleut, nous sommes obligés d’emballer nos marchandises et d’arrêter toute activité, car les inondations peuvent durer deux jours ; les marchandises remballées, sont plutôt ramenées à la maison parce que l’eau inonde aussi l’intérieur des magasins ».

Pour essayer de résoudre ce problème de changement climatique au Cameroun, des pouvoirs publics se sont mobilisés. C’est dans cette optique qu’a été créé le 10 décembre 2009 l’Office National des changements climatiques (ONACC). Il a pour mission de renseigner les  différents secteurs de développement sur les périodes pendant lesquelles ils peuvent procéder à la culture de leurs produits agricoles, notamment par le billet d’un calendrier agricole  élaboré et adapté aux situations climatologiques actuelles. Cette structure est dirigée par le Pr  Joseph Armathée AMOUGOU, qui en est le Directeur Général. Rendu à son bureau, il nous  explique de façon plus détaillée les conséquences du changement climatique en particulier sur les activités agricoles : « les impacts de ce changement climatique sur l’agriculture sont : la forte baisse des quantités de rendement des produits agricoles ; la mauvaise récolte des produits, due au fait que les terres ne sont pas préparées à cause des saisons très rapprochées ». Par la même occasion, il confie son avis d’expert, sur des solutions efficaces qui ont été adoptées, afin de limiter le réchauffement planétaire au Cameroun. Pr AMOUGOU : « on sensibilise les populations en les encourageant à planter des arbres, surtout dans les zones déjà désertifiées ;  de stopper l’abatage du bois qui consiste à renforcer la résistance de nos forêts  afin de limiter l’émission de gaz à effet de serre; il y a également la coopération allemande (GIZ), qui collabore avec les différents ministères en charge de l’environnement et des forêts, afin de procéder à la récupération des déchets du bois de chauffe pour sa transformation en charbon ; ce charbon qui par la suite est redistribué aux habitants du grand nord, permettant que ces derniers n’aillent plus en forêt se procurer du bois vert, réduisant ainsi la pression sur les formations naturelles».

Avec la prolifération de grandes industries de transformations qu’on rencontre de plus en plus au Cameroun, tout laisse encore à croire que la lutte contre le réchauffement climatique ne cessera pas d’aussitôt, car ces dernières usent d’une forte consommation en énergie, puis libèrent les gaz toxiques dans la nature. Néanmoins, l’existence de certaines solutions prouvent que le train est tout de même mit en marche vers un monde dans lequel les effets de la pollution qui occasionnent ce dérèglement de la planète, ne seront plus retrouvé qu’en peu de traces dans la nature.

Rose Fabiola EWONE

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