Covid 19: L’impact de la crise chez les PME et les acteurs du secteur informel

La crise économique qui s’annonce à la suite de la pandémie du Coronavirus dans le Monde en général et au Cameroun en particulier secoue déjà les acteurs économiques, notamment ceux des petites et moyennes entreprises en général et du secteur informelle en particulier.La descente de nos reporters auprès de ses acteurs qui constituent 90% de l’économie nationale, a permise de mesurer l’ampleur du marasme à venir dans ces activités constituant la condition sine qua non de la survie d’une grande portion de la population à tel point que, comme le stipule le Dr Pierre Alaka Alaka, Economiste-fiscaliste,enseignant à l’Université de Douala, « le tissu économique a été construit durant trois décennies par les PME et le secteur informelle,la politique s’est permis de bouffer le surplus économique pendant que la production ne suivait pas assez, si nous ne faisons rien pour soutenir nos tout petits entrepreneurs, on cours là vers une crise sans précédente ».

Historique

C’est au cours de la décennie 90 que la dégradation de l’économie Camerounaise s’est plus accentuée, d’abord par les crises politiques (1990 à 1992), ensuite par les crises économiques et les programmes dits d’ajustement structurel, avec leurs lots de faillites, privatisations et compressions des personnels,ce qui a permis la destruction physique de plusieurs entreprises et le développement des PME et du secteur informel.

Le Constat

La persistance de la crise durant cette période engendre la multiplication des comportements de débrouillardise et d’ingéniosité créative chez les Camerounais.C’est ainsi que se développera des petites et moyennes industries, entreprises, mais aussi Cette débrouillardise(vendeurs de beignets,commerces au détail,coordonnerie,petit garage,menuiserie,demarcheurs…Etc) que l’homme de la rue désigne par l’expression « débrouillards », se traduit par la prolifération des activités dues à l’économie informelle. Cette dernière, comprend l’ensemble des activités économiques qui échappent au contrôle de l’Etat. Certaines de ces activités sont certes licites et assujettis aux impôts(PME-PMI)et d’autres sont illicites,bien que des activités normales mais qui se sont soustraites au contrôle du fisc.Au Cameroun, le secteur informel prédomine le secteur formel de l’économie. La crise économique conduit aujourd’hui beaucoup d’entreprises à la faillite, entraînant un chômage élevé si bien qu’une partie importante de la population se trouve dans le secteur informel. Ainsi, ignorer l’économie informelle et celui de nos PME-PMI face à cette crise du Covid 19 reviendrait à passer à côté de la réalité ; car il est établi qu’au Cameroun en général et dans la Cité Capital économique Douala en particulier, beaucoup de gens vivent des activités informelles et ont vues aujourd’hui leurs revenus chutes pour les uns et en berne pour les autres.

Impact du Coronavirus

C’est une crise économique sans précédente qui s’annonce, si rien n’est fait par les pouvoirs publics pour soutenir le secteur des PME-PMI et le secteur informel, même à travers les ménages les plus faibles. Le Confinement partiel et les 13+7 mesures édictées par le Gouvernement pour faire face à la pandémie du Coronavirus, entraîne également des conséquences sur le jeu de rôle au sein de la famille Camerounaise. Cette dernière ne dépend plus de l’apport et de l’importance de l’homme comme père de famille et pourvoyeur des revenus, désormais en congés ou chômage technique. La désarticulation de l’économie avec des pans entiers comme l’hôtellerie et tourisme,la communication et le marketing,l’information et l’informatique,le petit commerce et la distribution,le transport et la logistique,les loisirs et la culture,le sport et le bien-être..Etc.Des fermetures totales ou partielles qui n’augurent pas des lendemains meilleurs d’après Mr DOOH  COLLINS  GEORGES , Directeur Général de Média Plus Cameroun, qui a vue plusieurs commandes d’affichages publicitaires annuelles annulées.

Un exemple très éloquent est celui aujourd’hui du grand nombre de femmes presentes et agressives sur les réseaux sociaux et dans les quartiers, qui essayent de seduire les hommes pour avoir un peu de pitance journalière.
On observe que, sur les arteres de nos rues, précisément dans la cité de Douala du matin au soir, voire pendant la nuit, ceux qui font le petit commerce notamment la vente des produits maraîchers (Choux pommé, poivrons, piment, carotte, poireaux…) et les vendeurs à la criée envahissent les devantures de banques, supermarchés, établissements publics et se plaignent<<C’est très grave pour nous, avant on pouvait jongler avoir même 5000F/jour, aujourd’hui même 500F/jour pour manger on arrive pas>>.Et Mme Simone Christiane,Bayam-Sellam de renchérir<<Dans tout ça le Gouvernement nous dit de mettre les masques et de rester à la maison,on vas manger quoi et payer les masques comment?>>.

De ce qui précède, la plupart des citoyens interrogés se présentent en sinistrés économiques et implorent la magnanimité du Chef de L’Etat, pour une pause fiscale et une aide aux entreprises et ménages les moins nantis et pauvres.Ils saluent tout de même l’engagement des élus locaux et les pouvoirs publics dans l’assainissement des espaces marchands et rues de la ville,ainsi que l’aide dans la facilitation du respect des mesures d’hygiène et de distanciation sociale, mais implore le Gouvernement de se pencher sur l’accompagnement économique des petites entreprises et des ménages.
Pour le journaliste Mohammed Nchange de Vision 4 mis en congés technique<<C’est une situation déplorable et très compliqué pour notre corporation, vous savez que la plupart des confrères vivent plus sinon seulement des perdiems de couverture, imaginez que depuis le début, ils ne sont pas invité à des événements…je vous laisse imaginer l’ampleur chez le demi millier de professionnels exerçant à Douala>>.

Dans le cadre de cette enquête, nous nous sommes intéressés au secteur des impôts et principalement à Littoral 2.Pour Mr Ahmadou, Directeur de ce secteur joint au téléphone, les opérateurs économiques qu’ils soient petits ou grands sont les partenaires des services des impôts, même sans mesures spéciales du Gouvernement, nous apprécieront la situation ensemble et allons les accompagné progressivement, pour eviter de tuer les poules aux yeux d’or.

L’opportunité

La crise fait aussi quelques heureux bénéficiaires, notamment les acteurs des secteurs Textiles-Confections,Pharmacies-consommables médicales,agroalimentaire -distribution…et plusieurs autres qui exercent dans les secteurs ayant un lien direct ou d’accompagnement avec les mesures édictées par le Gouvernement.Mme Ngongang,vendeuse de beignets au Grand-Moulin<<Mon fils, les recettes ont beaucoup augmenté, les gens n’ont plus l’argent et reviennent au beignet haricot bouillie…seulement la farine et tout le reste sont devenus chères au marché, le ministre du commerce doit regarder les prix, nous aussi, nous aidons les Camerounais à survivre>>.Plusieurs familles ont dû revoir leurs modes de vies pour s’adapter aux contraintes d’amenuisement des revenus et résistent encore grâce à une Certaine solidarité familiale et amicale, ils espèrent tous le retour rapide à la normale et des mesures d’accompagnement du Président de la République Paul Biya.

Pour rappel, c’est depuis plus d’un mois que le gouvernement Camerounais a décidé des mesures pour faire face à la pandémie du Coronavirus, notamment la fermeture des toutes les frontières terrestres,maritimes et aeriennes(hors Cemac,frets et cargos spéciaux), la fermeture des espaces publics à 18heures, les mesures de distanciation sociale(interdit des regroupements de 50 personnes…),fermetures des écoles et universités,ports des masques,lavages constant des mains,réductions des activités non essentiels…Etc.Ces mesures ont contraint plusieurs entreprises et particulièrement des PME et des acteurs du secteur informel à des réductions d’activités et parfois d’arrêt total pour certains.Contrairement à d’autres États dans le Monde, le gouvernement a choisi la stratégie du confinement partiel basé sur les mesures de port du cache nez et de distanciation sociale, espérant atteindre rapidement le pic de l’épidémie en deux mois et permettre ainsi de reprendre rapidement les activités économiques.Sauf que les mesures d’accompagnement aupres des entreprises et des menages n’ont pas suivies et le malaise se fait de plus en plus sentir. Le Chef de L’Etat a annoncé une étude afin d’évaluer l’impact économique sur les entreprises et les ménages, avant de pouvoir décidé des mesures d’accompagnement…sauf que le temps presse et la pression devient de plus en plus lourde et stressante pour la plupart des acteurs de la petite entreprise, du secteur informel et des ménages les moins nantis.

Victor Esso Tiki

Laisser un commentaire

Afrique Infos, NewsletterABONNE TOI !

Hey! Vous partez déjà, Enregistrez vous à notre newsletter et soyez informés en temps réels sur les meilleures informations de l'actualité mondiale.

Visiter le Développeur
109 Partages
Tweetez
Partagez109
Partagez