ECOFAC6 ou l’engagement de L’UE à la Préservation du Bassin du Congo.

ECOFAC est un programme régional de conservation et d’utilisation rationnelle des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale. Son objectif est d’engager un processus régional de coordination des actions et mesures destinées à promouvoir la conservation et l’utilisation rationnelle du patrimoine forestier d’Afrique centrale. Il prend également en compte les aspects socio-économiques et faunistiques des milieux analysés.

Sous l’égide du financement de l’Union Européenne (PIR 11ième FED), le Programme ECOFAC s’inscrit à présent dans sa 6ième phase, en impliquant plusieurs acteurs de terrain. Il a été lancé dans les années 90. Ceci fait d’ECOFAC le plus ancien programme européen dans l’Afrique Centrale, signe de l’engagement politique durable de l’Union Européenne dans la région, pour la protection de l’environnement, mais également pour l’identification de solutions pour les populations locales, nous précise Daniela Bîciu, chargée de communication du Programme.  Il mobilise six Délégations de l’UE : Cameroun, République Centrafricaine, Congo Brazzaville, République Démocratique du Congo, Tchad et Gabon, Sao Tomé-et-Principe.

L’objectif général du Programme ECOFAC 6 est l’amélioration de la gouvernance des ressources naturelles et de la gestion des aires protégées en vue de contribuer à une économie verte caractérisée par un développement économique endogène, durable et inclusif, ainsi qu’à la lutte contre le changement climatique.

L’Afrique Centrale connaît une progression certaine d’une intégration régionale soutenue, à travers la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale(CEEAC) et la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). La superficie de ses forêts tropicales humides et savanes, et la diversité de ses écosystèmes, constituent un bloc relativement homogène et une zone prioritaire de conservation des ressources naturelles et de gestion durable de la biodiversité à l’échelle planétaire. Avec plus de 200 millions d’hectares de forêt, le Bassin du Congo est le deuxième massif forestier du monde derrière l’Amazonie (820 millions d’ha) et devant l’Asie du Sud-est (190 millions d’ha), et joue un rôle capital dans les processus de réduction des effets et impacts liés aux changements climatiques.

ECOFAC6 – en avant-poste de la lutte contre le braconnage, à travers des projets communautaires

Pour réduire le braconnage, le Programme ECOFAC6 propose, entre autres, des mesures d’accompagnement socio-économiques. Ces mesures visent par exemple l’acquisition de nouvelles compétences par les communautés locales dans et autour de zones protégées.

Concrètement, des projets divers ont vu le jour à Dja Est, par exemple la création d’un étang de pisciculture d’une capacité de 2500 poissons, mise sur pied de plusieurs pépinières pour le reboisement et pour les cultures propres, le renforcement de capacités pour les cultivateurs de cacao, la création d’associations de femmes pour la récolte de produits forestiers non ligneux, la fabrication du savon et d’autres produits cosmétiques dérivés etc.

A Dja Sud, la réduction du braconnage est possible aussi grâce à des activités alternatives, comme par exemple la création de potagers, d’un poulailler ou encore des systèmes d’entraide financière au sein de communautés, pour faire face à des défis de la vie courante de la population (maladie, achats etc) ou pour le financement des études des enfants.

Toutes ces mesures proposées, dont on cite ces exemples ici, ont pour but de générer des revenus pour les populations locales, afin de diminuer le braconnage. Surtout quand l’on sait que la communauté locale sert surtout de guide dans la forêt pour les braconniers, avec les risques que cela comporte, braconniers qui revendent la viande ailleurs, à haut prix.

Le programme ECOFAC6, financé par l’UE, vise donc à trouver des alternatives durables aux revenus du braconnage, par des activités socio-économiques et sectorielles dans les territoires concernés, coordonnées d’une façon intégrée.

Les projets communautaires sont construits à partir d’une solide analyse de la situation sur le terrain. Souvent, ce sont les communautés locales mêmes qui demandent le type d’activité qui leur convient le mieux. L’appropriation du projet par ces communautés est donc très importante pour ECOFAC6 et tous les partenaires de mise en œuvre au Cameroun (ZSL, AWF, TFRD etc) partagent la conviction qu’aucun changement social n’est possible sans une compréhension exacte des enjeux par les bénéficiaires. Le travail avec les communautés locales se fait donc sous ce prisme. Les activités génératrices de revenus sont le plus souvent la solution recherchée, pour apporter une alternative durable au braconnage.

Nous remarquons un changement de paradigme, les gens comprennent de plus en plus la nécessité de protéger certaines espèces indispensables aux écosystèmes locaux. Ce changement social, surtout à l’échelle d’une société traditionnelle, ne se fait pas du jour au lendemain, mais, avec la bonne information fournie aux communautés locales, on peut attendre à terme les résultats escomptés.

Il est également important de souligner que le droit d’usage légal est reconnu et que la consommation pour les besoins immédiats de la famille n’est pas sanctionnée. Le problème intervient lorsque la chasse des animaux se fait dans un but commercial, pour la vente de l’animal tué (éléphant, gorille, pangolin).

A noter aussi que les demandes de la part de la population locales sont très importantes, ce qui est un signe positif sur l’accueil favorable de projets financés par le Programme ECOFAC6. Nous recevons de plus en plus de demandes pour élargir les projets à des nouvelles communautés, ce qui envoie aussi des signaux encourageants pour l’avenir. Nous travaillons au quotidien avec les bénéficiaires pour bâtir cet avenir, en dépit de toutes les difficultés. La réalisation de plus-values permettra, entre autres, la pérennisation de résultats.

Le braconnage, source majeure de revenus pour des activités illégales

Le braconnage est une source considérable de revenus et il finance en Afrique Centrale même des activités illégales. Il a dépassé depuis longtemps la sphère de l’environnement et la conservation stricto-senso, pour toucher parfois à des activités de milices rebelles, voire de terrorisme et d’instabilité. Il faut donc considérer le braconnage d’une façon intégrée, au-delà même de limites géographiques d’un pays ou d’une région. Cette criminalité environnementale, notamment le trafic d’espèces sauvages et de bois, est une préoccupation majeure et constante pour l’UE en général et pour notre Programme en particulier, nous a précisé également la chargée de communication d’ECOFAC6, Daniela Bîciu.

Le Sphinx

 

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