Harmony «Anne-Marie» Ilunga,22 Ans, La Congolaise Qui Veut Révolutionner L’industrie De La Mode À Hong-Kong

La jeune mannequin congolaise  a lancé sa propre agence représentant des mannequins « de couleur ». Elle remet en question les normes asiatiques de beauté typiques de Hong Kong qui glorifient une peau plus blanche, indique le site South China Morning Post.

Mannequin, entrepreneure, militante des droits humains et étudiante en psychologie, Harmony Ilunga est arrivée à Hong Kong, avec sa mère et son jeune frère, en tant que réfugiée, à l’âge de 12, en 2011 comme demandeuse d’asile en provenance de la République démocratique du Congo pour rejoindre son père. Elle cherche à changer l’image négative souvent collée aux personnes réfugiées et à changer le récit par l’auto-représentation.

« A Hong Kong, les réfugiés sont toujours criminalisés. Vous entendez toujours: «Oh, un Indien et un Pakistanais se sont disputés. C’est toujours une opinion négative, rarement quelque chose de positif. Toute la société nous voit d’une manière particulière et vous commencez à vous voir à travers les yeux des autres. C’est le problème. Surtout en tant qu’enfant, cela vous affecte ».

Les agences de mannequins ont souvent dit à Harmony «Anne-Marie» Ilunga qu’elles préféraient les modèles blancs, alors elle a créé la sienne, représentant des mannequins de couleur. L’agence à croissance rapide représente une gamme diversifiée de modèles provenant principalement de pays d’Afrique, d’Asie du Sud et d’Asie du Sud-Est, L’agence fait partie de Harmony HK, la plate-forme sociale qu’elle a créée en 2018 et qui cible le manque de visibilité des minorités ethniques dans les médias de la ville, en particulier dans le mannequinat et la mode, en promouvant la diversité et l’inclusion des minorités ethniques et des réfugiés à Hong Kong à travers l’art et la mode.

Harmony Ilunga a mis en place une équipe diversifiée dont les mannequins sont notamment originaires du Zimbabwe, du Japon, des Philippines et de Hong Kong. «Nous donnons une chance à tout le monde – nous avons des gens de partout; Népal, Pakistan, Inde. Je pense qu’à Hong Kong et en Asie, je n’avais pas vu de modèle de hijabi musulman dans un défilé. Je pense que Harmony HK a été la première », a-t-elle fièrement déclaré au site pacificplace.com.

«Nous sommes ici pour célébrer la diversité. Tout le monde sait que Hong Kong est une ville diversifiée, mais la diversité n’est pas représentée et, plus important encore, non célébrée», a fait savoir la jeune entrepreneure à Southern China Morning Post. L’agence d’Harmony Ilunga, explique South China Morning Post, est petite, mais en croissance rapide, et représente un large éventail de modèles – hommes et femmes – principalement de pays d’Afrique, d’Asie du Sud et d’Asie du Sud-Est.

L’équipe de l’agence prépare le prochain défilé de mode qui se tiendra le 5 septembre à l’hôtel Eaton HK en Jordanie. 20% des ventes de billets iront à des organisations caritatives et des ONG qui travaillent sur les questions de réfugiés, les inégalités entre les genres, les orphelins et les projets environnementaux.

Déclic

Harmony «Anne-Marie» Ilunga a toujours voulu devenir mannequin et participait à des défilés de mode au lycée. Elle a continué avec sa passion après le collège, où elle a rencontré la réticence des agences de mode. «Nous préférons les mannequins blancs», une réponse qu’elle a souvent entendue. C’est ce qui l’a poussée à créer sa propre agence. Ses modèles : Rihanna et Adut Akech, ancienne réfugiée soudanaise en Australie, devenue star mondiale de la mode.

Avant de se lancer, Harmony Ilunga a effectué ses recherches et découvert qu’il n’y a pratiquement aucun modèle de couleur à Hong Kong- ceux qui ne sont pas blancs, asiatiques ou mixtes – qui trouvent des emplois. Elle a aussi découvert que les modèles blancs sont également mieux payés. « Si je fais un aussi bon travail dans le même laps de temps, pourquoi devrais-je être moins payé? ».

La récente actualité liée au mouvement Black Life Matters a conféré une certaine visibilité à la nouvelle agence.  «Les commentaires et l’intérêt que nous avons reçus ces derniers temps ont tous été très positifs et le soutien de la communauté est incroyable, je reçois tellement de messages sur les réseaux sociaux chaque jour. J’ai même eu des agences qui m’avaient rejeté personnellement avant d’essayer aujourd’hui de prendre  certains de mes modèles ».

Même s’il y a ceux qui exploitent le mouvement « Black Lives Matter », en particulier dans l’industrie de la mode du moins, a fait savloir Harmony Ilunga, les gens commencent à devenir plus ouverts à l’idée de travailler davantage avec des modèles noirs et des modèles de couleur. Elle a précisé cependant que le premier et principal objectif de l’agence est avant tout de promouvoir les talents. «La mode vient en premier. Ce n’est pas parce qu’une personne est issue d’une minorité ethnique que nous la représentons automatiquement. Vous devez montrer que vous avez le potentiel pour être un bon modèle. Le but est de promouvoir les minorités ethniques talentueuses. »

« Je pense que nous avons aidé à promouvoir beaucoup de personnes grâce à notre plateforme, la liste est assez longue mais si je dois donner une personne en particulier, je dois dire qu’il y a un gars appelé Daniel qui est à moitié philippin et noir. Il a commencé avec nous. Le truc avec Daniel, c’est qu’il est très talentueux et qu’il est passionné de mannequinat mais il ne savait pas par où commencer. Harmony HK a été le point de départ pour lui, ce qui l’a aidé à acquérir plus d’expérience et il travaille maintenant avec différentes marques à Hong Kong telles que Hypebeast », a expliqué Harmony Ilunga au site therecollective.com.

Boutique en ligne

Harmony Ilunga lance également une boutique en ligne sur le site Web Harmony HK pour que les designers issus de minorités ethniques et de réfugiés vendent leurs produits. Elle espère pouvoir utiliser sa carrière comme un exemple pour inspirer d’autres enfants issus de milieux similaires .

«Je veux être un modèle, je veux que les autres enfants africains puissent me regarder comme un exemple positif et croire qu’ils peuvent être un modèle ou tout ce qu’ils veulent. Tout ce que nous voulons, c’est être inclus et représentés. Je considère Hong Kong comme ma maison. J’ai grandi ici et je ne vais aller nulle part ailleurs », a fait savoir la jeune entrepreneure. « Je suis si fière de représenter ici l’art et la culture congolaise, malgré les circonstances. Pour les Congolais, tout est question de mode – par exemple, nous sommes célèbres pour la sapologie »,a-t-elle confié au site pacificplace.com.

«Je pense que c’est important pour moi parce que je veux que les gens à Hong Kong voient à quoi ressemble le tissu africain. Il est important que les gens sachent que nos tissus et nos vêtements représentent également la dignité. C’est une façon d’amener le Congo à Hong Kong, et c’est pourquoi Art Women est là chaque fois que nous faisons un spectacle, parce que nous voulons représenter la beauté des Congolais », a-t-elle fait savoir, faisant référence à l’un des partenaires de conception d’Harmony HK.

L’objectif de la jeune entrepreneure est d’étendre son agence dans toute l’Asie pour célébrer la diversité et l’inclusion.

Patrick Ndungidi

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