Préservation de la Biodiversité et des Ecosystèmes Fragiles: Le Projet Ecofac 6 améliore les Conditions de Vie des Populations Autochtones de Djoum et de Somalomo au Cameroun

Du 23 au 30 Octobre dernier, les journalistes Camerounais ont effectués une visite dans la Réserve du DJA, notamment dans les arrondissements de Djoum dans le Sud et Somalomo à l’Est du Pays, afin de s’imprégner des nouvelles réalités que vivent les populations autochtones de ces zones forestières patrimoine mondiale de l’humanité, grâce au projet ECOFAC 6 financé par l’union Européenne, visant à promouvoir une économie verte caractérisée par un développement économique endogène, durable et inclusif, ainsi que la lutte contre le changement climatique dans le monde.

 

Le Constat

La prise de conscience de la nécessité d’une gestion durable des écosystèmes forestiers du bassin du Congo s’est nettement accélérée avec le sommet de la terre de Rio de Janeiro en 1992. Le défi a été principalement d’appliquer le concept de développement durable à la forêt avec l’objectif de concilier l’exploitation économique de la forêt pour assurer le développement socio-économique et la préservation du patrimoine écologique. Il faut noter que l’expression gestion durable des forêts ne signifie pas nécessairement la même chose pour tout le monde. Les critères et les indicateurs qui permettent de suivre, mesurer et évaluer l’état et l’évolution des forêts ont beaucoup contribué à améliorer la compréhension du concept, mais sa mise en œuvre continue d’être un défi. Les hommes de terrain et les décideurs, tant dans le secteur forestier qu’en dehors, reconnaissent maintenant que la gestion durable des forêts requiert la participation d’un large éventail de partenaires pour arriver à des arbitrages équilibrés et résoudre les conflits.

Dans leur politique de protection des écosystèmes du bassin du Congo et de l’environnement en général, les États de la sous-région et leurs partenaires, notamment l’Union Européenne, pour faire face aux menaces croissantes qui pèsent sur ces écosystèmes ont pris un ensemble de mesures juridiques, institutionnelles et techniques répondant aux impératifs de protection et de gestion écologiquement rationnelle de l’environnement.

Sur le plan interne, au Cameroun on peut citer la Loi n° 94/01 du 20 janvier 1994 portant régime des forêts et la Loi n° 96/12 du 5 août 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de l’environnement qui définit en son titre VI les différentes responsabilités ainsi que les sanctions applicables en cas d’infraction à l’environnement. Au Congo, la Loi n° 16-2000 du 20 novembre 2000, portant code forestier, qui institue un cadre juridique approprié pour assurer la gestion durable des forêts sur la base d’un aménagement rationnel des ressources, et la loi n° 003-91 du 23 avril 1998 sur la protection de l’environnement qui soumet l’exercice de certaines activités en rapport avec l’environnement à autorisation sous peine de sanctions.

C’est dans  cette dynamique, que le projet ECOFAC (Écosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale),fruit de la coopération entre le Cameroun et l’Union européenne. Le projet ECOFAC Cameroun est une composante d’un programme régional préparé par l’IUCN à la demande de la Commission européenne, dans le but de
promouvoir « la conservation et l’utilisation rationnelle des écosystèmes forestiers en Afrique centrale ».Il a vue le jour en 1992 afin d’assurer une préservation plus efficace de la diversité et des écosystèmes fragiles en Afrique Centrale en lien avec les services écosystémiques associés..

ECOFAC 6

Si la gestion durable des forêts vise à garantir que les biens et services procurés par les forêts répondent aux besoins d’aujourd’hui tout en s’assurant la continuité de leur disponibilité et de leur contribution au développement à long terme. Au sens large, la gestion des forêts traite des aspects administratifs, juridiques, techniques, économiques, sociaux et environnementaux de la conservation et de l’utilisation des forêts. Elle comporte des interventions humaines délibérées à divers niveaux, depuis les actions visant la sauvegarde et l’entretien de l’écosystème forestier et de ses fonctions, jusqu’au développement préférentiel d’essences ou de groupes d’essences spécifiques présentant un intérêt social ou économique particulier pour une production améliorée de biens et services.

C’est dans ce sens que le projet ECOFAC 6 vient aider les populations Autochtones(Pygmées Baka) et locales(Bantu) a apprendre des nouvelles techniques de développement sociales et économiques pour améliorer leurs cadres de vies et réduire substantiellement, la pression sur les ressources forestières et lutter efficacement contre le Braconnage.

Concrètement Ecofac 6  à Djoum et à Somalomo permet aux populations qui signent des contrats d’adhésion libre avec African Widlife Foundation, l’un ds  partenaires d’Ecofac 6, de recevoir des formations en agriculture et pisciculture et les aides dans la production des chaines de valeurs(Cacao,Poissons,Produits forestiers non ligneux) afin d’amélioré leurs revenus et produire de la valeur ajoutée grâce à des partenariats avec des industries cosmétiques qui achètent leurs productions aux couts préférentielles.

Pour Bambo Mempong Samuel, Pygmée Baka vivant dans le village Bifolone<<avant on était obliger d’aller chasser pour vendre les animaux, aujourd’hui grâce au projet ECOFAC 6, nous sommes des experts dans la production et la commercialisation des plants de Cacao, Plantains,d’orangers et des grands producteurs de poissons, seulement avec les produits forestiers non ligneux comme les 04 cotés, le Djansan et autres, nous envoyons déjà nos enfants à l’école>>.

Pour Monsieur Manfred Epanda<<Les Populations Baka étaient certes résistantes au départ, mais elles sont celles qui affichent de très bon résultats et maitrisent très bien les techniques agricoles, nous lancerons bientôt les deuxièmes contrats volontaires avec les populations riveraines et je peut vous assurer que beaucoup d’autres qui hésitaient sont prêtes aujourd’hui à adhérer au Projet>>

Pour le Sous-préfet sortant de Somalomo Monsieur Mbonko Samuel<<L’article 8 de la loi sur les forêts de 1994 régit le droit d’usage qui s’applique aux populations riveraines de la forêt. Celles-ci jouissent en effet du droit d’exploiter tous les produits forestiers – fauniques ou halieutiques – à l’exception des espèces
protégées, en vue d’une utilisation personnelle.Toute utilisation commerciale est donc prohibée et nous ne lésinons pas sur les sanctions pour tout ceux qui s’amusent à ne pas respecter la loi>>. Nous saluons les performances du projet et demandons aux populations de saisir cette opportunité structurante.

Pour rappel la réserve faunique du Dja a été créé en 1950, d’une superficie d’environ 526 000 hectares, la Réserve de faune et de chasse du Dja a été créée le 26 juin 1950, par un arrêté N° 319 du Haut Commissaire français au Cameroun. Elle deviendra en 1981, sous l’impulsion de la section camerounaise du Programme Man and the Biosphère (L’Homme et la biosphère), une Réserve de la biosphère de l’Unesco. Le programme « Sites du patrimoine mondial » de l’Unesco a été
étendu à la réserve du Dja en 1987.La Réserve du Dja est à cheval sur deux provinces du Cameroun (les provinces du Sud et de l’Est), et couvre six arrondissements : Lomié, Abong-Mbang, Bengbis,Mintomb, Meyomessala, et Djoum. Le fleuve Dja constitue pour la réserve une limite naturelle, qui la protège au sud, à l’ouest et au nord. La densité de population autour de la réserve est estimée à 1,5 habitant au kilomètre carré.

Pour Florence Louma originaire de Schouam-Kanyon(02 des 17 villages qui constituent la boucle du Dja)et bénéficiaire ce Projet<<C’est une chance pour nous qui vivons ici d’avoir le projet ECOFAC 6, c’est grâce à ce programme que j’ai réussi à reprendre le champ de cacao de mon Mari décédé il y’a 02 ans et aujourd’hui, je suis passé de 03 à 04 Hectares avec plus d’1 Million et demie de revenus>>. Elle ajoute <<Je supplie mes frères et sœurs qui n’ont pas la force comme moi,d’imiter les femmes de l’association de développement de Schouam-Kanyon qui s’occupent des produits forestiers non ligneux comme le Djansan, le 04 Cotés, le Do’oh(Essence sous forme de mangue) et commercialisent auprès des industries cosmétiques>>.

Pour Daniela Lavinia Biciu, Responsable de la Communication Afrique du Projet Ecofac 6<<Il était important que l’on vienne sur le terrain voir la réalité et je pense que c’est un grand succès, bien évidemment les populations demandent toujours un peu plus, mais le projet est là pour les aidés à trouver des solutions à leurs problèmes>>. Elle  expliquera<< Le projet  ECOFAC 6 cible dans ses composantes nationales un appui direct à 15 aires protégées réparties dans 08 paysages prioritaires pour la conservation dans 07 États d’Afrique Centrale(Cameroun,Congo,République Centrafricaine,République Démocratique du Congo,Gabon,Tchad, Sao Tomé-et-Principe) et financement les activités transversales dans le cadre de trois composantes régionales:

La coordination intégrée des activités socio-économiques et sectorielles dans les territoires concernées.

Le Développement opérationnel des systèmes de gestion efficaces des aires protégées.

L’association des populations riveraines à la gestion intégrée des ressources naturelles afin qu’elles en tirent un bénéfice durable.

Le renforcement des structures de gestion des aires protégées y compris leur personnel

La capitalisation et le partage des connaissances et expériences>>.

Les principes de conservation en relation avec les droits et intérêts des populations autochtones ont été édictés par l’UICN et le WWF en 1996. Bien qu’aucune de ces deux organisations ne participe à la gestion de la Réserve du Dja, il semble important de comparer ces principes avec les pratiques des organisations actives dans cette zone protégée, telles que les perçoivent les Baka et Bantu.Et les journalistes présent ont étés assez édifiés pour mieux comprendre le cadre et la gestion durable de la réserve du DJA.

Victor Esso Tiki

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