Réformes Economiques en Zone Cémac:La Guinée Équatoriale Au FMI

Faisant suite à la 10éme Session de la Cellule de suivi du programme des réformes économiques et financières de la CEMAC(Pref-Cemac), ténue les 18 et 19 Décembre, le COPIL(comité de pilotage) sous la Présidence effective de son Président, Le Ministre d’État du Congo Monsieur Ondongo,a annoncé le Samedi 21 Décembre 2019, l’effectivité de la signature d’un programme depuis la semaine dernière entre la Guinée Équatoriale et le FMI, ce qui permet à ce Comité de parachever le Programme de réformes et de suivi des déficits budgétaires et monétaires dans la zone Cemac.

Le Comité de suivi a ainsi noté,pour s’en féliciter, les avancées les plus emblématiques dans le rythme de progression du PIB de la sous-région,dans le domaine des réserves de changes(2Mois et demie d’importation), dans la fusion des marchés financiers de la CEMAC et dans la libre circulation des biens et des personnes.C’est désormais un taux de croissance de 2,7% et projeté à 3% en 2020 au lieu des 1% au début du programme.De même les réserves de change se sont accrues de 45% en 1 an et se situent aujourd’hui à 4792,7Milliards de CFA.Toutes choses qui ont été salués par les Chefs D’États d’Afrique Centrale,lors du sommet extraordinaire de Yaoundé le 22 Novembre dernier.

Même si les chiffres sont bons, ils demeurent fragiles d’après les experts pour atteindre les objectifs du développement durable et inclusif des Pays de la sous-région Cémac.Les Membres du COPIL ont prescrit le renforcement de la politique fiscale, de la résorption des arriérés de paiement et de l’exécution des mesures conduisant à l’amélioration de la qualité de la dépense publique.Pour les difficultés dans le rapatriement des recettes d’exportation, le Copil a prescrit le dialogue avec les entreprises exportatrices dans les pays membres.

Au rang des prochaines priorités, on a noté la mise en œuvre des 12 Projets intégrateurs prioritaires du plan opérationnel PER que pilote la BDEAC et les mesures prioritaires conduisant à l’intégration physique et commerciale plus accélérée.

Le Copil s’est félicité de la signature du dernier État qui n’était pas encore sous programme avec le FMI, la Guinée Équatoriale.Toutefois, pour les programmes de deuxième génération en discussion avec le FMI, il a recommander qu’ils soient axés sur la croissance soutenue et inclusive.

Le Programme de La Guinée Équatoriale

Selon Gabriel Obiang Lima, le ministre équato-guinéen des Mines,d’après  le média économique et financier britannique Financial Times,cité par notre Confrère Idriss Linje d’Ecofin, que son pays n’avait pas besoin d’une aide de 200 millions $. « Nous mobilisons cette somme en moins de deux mois », a-t-il fait savoir.

Ce commentaire survient en réponse à des critiques d’ONG internationales, qui ont trouvé paradoxal que le Fonds monétaire international apporte une aide financière à un pays de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), dont le sous-sol est riche en pétrole, pour une faible population. L’institution de Bretton Woods a en effet accepté d’accorder une première tranche de 280 millions $ à la Guinée équatoriale pour soutenir sa stabilité extérieure.

Selon le ministre Obiang Lima, cette aide aurait été acceptée par solidarité pour la sous-région parce qu’elle en avait vraiment besoin. Certaines données pourraient en effet soutenir cette position. La Guinée équatoriale est le troisième producteur de pétrole en Afrique et son produit national brut par habitant est de 17 504 $, selon le dernier classement sur l’indice de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement.

Aussi, il est admis par de nombreux analystes que sans l’aide apportée actuellement par le FMI aux pays de la CEMAC, la sous-région risque de connaître une instabilité extérieure profonde de sa monnaie. Moody’s dans une note récemment publiée, estime en effet que l’aide du FMI est importante sur le moyen terme, pour maintenir au beau fixe, les économies de cette communauté.

Mais dans l’absolu cependant, l’appui du FMI devrait aussi apporter un soulagement aux comptes macroéconomiques de la Guinée équatoriale. Le rapport de politique monétaire publié en novembre 2019 par la BEAC (Banque centrale), fait ressortir un ensemble de faiblesses structurelles que connait le pays.

Entre janvier et août 2019, le gouvernement équato-guinéen a été le plus gros emprunteur sur le marché monétaire et des capitaux de la CEMAC, avec un total de 677,5 milliards FCFA mobilisés. Aussi, le solde des opérations financières extérieures de la Guinée équatoriale affiche une situation déficitaire depuis 2014, avec un pic de -31,4% prévu pour fin 2019.

Victor Esso Tiki/Idriss Linje

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