Togo présidentielle 2020 : La candidature unique de l’opposition n’a pas raison d’être tant que les institutions restent toujours verrouillées

Au Togo, comme d’autres pays de la sous-région ouest africaine, la question de transparence des élections reste toujours au cœur des débats. L’élection présidentielle est proche au Togo. De ce fait, certains voix se lèvent demandent à l’opposition togolaise d’opter pour la candidature unique. Même si certains d’entre eux n’affichent pas leurs positions sur cette question épineuse, d’autres l’ont déjà rejetée et mettent le cap sur la transparence des élections.

En conférence de presse ce mercredi à Lomé, le président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean-Pierre Fabre en passant au peigne fin aux actualités brûlantes de l’heure est revenu sur la question.

Pour cet homme politique, soumettre tout à la candidature unique c’est chercher la solution à un problème qui n’existe pas. Puisque selon Jean-Pierre Fabre il serait mieux de s’attaquer farouchement aux usages frauduleux  pour garantir la transparence des élections.

« Le problème aurait existé et la candidature unique aurait été une nécessité si on constate qu’au cours de toutes ces élections de 1998 à 2015, les voix qui sont portées sur l’opposition lui donnent la majorité absolue et que le pouvoir l’emporte par la majorité relative. Ce qui n’est pas le cas », a lâché Jean-Pierre Fabre.

« Il faut s’attaquer à la fraude, régler les questions de transparence des élections et non rechercher la solution d’un problème qui n’existe pas », a-t-il souhaité.

L’on sait bien que l’action de l’unicité de l’opposition n’a jamais marché au Togo. Les preuves, on n’en manque pas. Bien avant la coalition des 14 partis de l’opposition, il y en avait eu d’autres qui n’avaient pas marché.

Pour cette raison, le président de l’ANC, indique qu’à l’ANC, sur cette candidature unique de l’opposition devant le candidat du pouvoir, ils ont  déjà exprimé leur position depuis la dernière réunion de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition.

Il faut également  noter que d’autres poids de l’opposition togolaise se sont prononcés déjà sur le même sujet en abordant l’angle de Jean-Pierre Fabre.

Il s’agit de Me Yaovi Agboyibo du Comité d’action pour le renouveau (CAR), qui de son côté a aussi orienté la lutte vers la transparence des élections.

« Les partis d’opposition donnent l’impression de n’avoir pas tiré les leçons des conditions dans lesquelles les élections locales se sont déroulées », estime ce doyen de la politique togolaise.

Pour ce faire, le maître du CAR pense qu’il faut opter pour le déverrouillage des institutions.

« La polémique sur la question de savoir si l’opposition doit aller au scrutin présidentiel avec une candidature unique ou non est un débat stérile dès lors qu’il est évident que sans un préalable déverrouillage approprié des institutions en place, le résultat sera pareil à celui des élections locales », estime Me Agboyibo qui souhaite l’ouverture d’une concertation avec les autorités sur cette question.

Pour rappel, le Prof. Komi Wolou du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR) assène également les coups à cette candidature unique de l’opposition. A cet effet, il serait difficile que l’opposition aille aux élections surtout la présidentielle avec un candidat unique. Puisque quoi qu’on dise cette option serait possible grâce à quelques partis politiques de l’opposition dont l’ANC, qui est aujourd’hui la deuxième force politique après le parti au pouvoir, Union pour la république (UNIR). Elle a du moins montré lors des élections municipales en gagnant six mairies. Même si Jean-Pierre Fabre regrette ces résultats.

Dieudonné Komi à Lomé pour Afrique-infos.africa

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